Le Kikafékoi

Entretien fait en juillet 2016

Nous sommes…

Katell & Christophe

C> Notre projet, c’est le Kikafékoi. C’est un espace, un lieu de rencontre et un lieu d’échange et un lieu de qualification, on va dire, des gens.

Genèse du projet

Date de début   2012

C> ça a commencé, ça fait super longtemps, ça devait être en 2012. Ce n’était pas du tout ça au début mais c’était le même esprit en fait de regrouper les gens, de construire des choses ensemble à Langueux avec tout un groupe d’habitants, on était une dizaine au début et puis ça s’est étoffé et aujourd’hui, on est 30/40 actifs dans l’association.

K> C’est parti de la projection d’un film, Nos enfants nous accuseront. Des parents de l’école privée et de l’école publique ont participé à ce projet pour essayer de développer plus de nourriture bio à la cantine et puis on a fait une première soirée, Bio Soupe Noz, dont le principe est le suivant :  j’arrive avec un légume bio et on fait une grande soupe ensemble et puis, une scène ouvert et ça a marché d’enfer et du coup, le groupe de parents s’est dit « ben, pourquoi ne pas créer un café associatif ? De là est venue l’idée de l’association.

C > Avant de monter l’association, comme on voulait que ce soit un lieu de rencontre, il nous fallait un lieu et donc nous sommes allés voir la mairie pour avoir un lieu et c’est une fois qu’on nous a donné un accord de principe sur la mise à disposition d’un lieu que ça s’est enchainé. Ca a été assez rapide du fait de la campagne municipale de 2014. Il y a un candidat qui nous a dit OK on y va et on y a été.

K> La première action qu’on ait fait réellement, où on a rassemblé du public, c’était la ludothèque, on a collecté très rapidement une centaine de jeux, et on a ouvert la ludothèque dans une autre salle à Saint-Pern dont on occupait les mercredis après-midi. Puis comme c’était régulier, la mairie nous a ensuite prêtée cette maison.
C’était en septembre 2014, Saint-Pern et on a eu la maison vers octobre-novembre 2014.

Moyens humains, financiers

C> Au niveau finance, on est parti de 0, on n’a pas de gros besoins financiers, on joue plus sur la récup’ en fait, l’entraide, faire appel au réseau, aux copains du réseau, aux copains des copains des copains et du coup, ça mouille des gens aussi, le fait de donner une tasse, un plateau ou une table basse, on fait un peu partie de la maison finalement, sans être un actif de l’association ou quelqu’un d’inscrit, ou quelqu’un qui participe à des débats ou à des réunions. Ca permet à des gens d’avoir un bout d’eux ici et au niveau humain, on est parti à une quinzaine, vingtaine et ça a donné envie à d’autres. Dès la première assemblée générale, en fait, il y a eu des gens et je pense aussi que, par rapport aux modes d’animations qu’on utilise en réunion, on utilise tout ce qui est méthode active et ça permet à des nouveaux de rentrer dans le jeu, à ceux qui parlent beaucoup aussi d’être obligé d’écouter les autres, celui qui ne parle pas d’être obligé de, même sans parler, participer de donner son avis et les gens trouvent ça agréable.

K> Pour la ludothèque, par exemple, on est parti à 13 bénévoles et on tournait tous les mercredi à 2 bénévoles tous les mercredis sur un créneau de 2 heures et ensuite de fil en aiguille, il y a des projets qui sont nés. Par exemple, à partir de la ludothèque, on a eu un besoin d’un grand rideau pour pouvoir cacher les jeux donc est née d’une fresque en tissu de récupération et là c’est greffé d’autres bénévoles qui sont venus réaliser la fresque. Des fois, il y a un projet qui engendre un autre projet avec d’autres bénévoles…

C> et ça a donné naissance au groupe des mamies en fait, du coup, qui se réunit tous les samedis et les mercredis en début d’après-midi. Ces Mamies là, du fait qu’elles sont là maintenant, sur leurs créneaux, elles permettent à des enfants de venir jouer à côté d’elles qui tricotent, ce qui fait qu’il y a de nouveaux enfants qui viennent à la ludothèque par les Mamies, qui, elles-même, sont venues grâce à la ludothèque. C’est un peu un cercle vertueux qui se met en marche, des gens qui trouvent bien d’avoir ce genre de maison pour tous, au final. Où chacun fait sa petite vie, a sa petite place.

Partenaires engagés

C> La ville, par le prêt de la maison et le fait qu’ils paient les fluides, ça c’est une condition sine qua none pour exister, si on n’a pas de lieu, on n’existe plus en fait. Le lieu, c’est un endroit de contact, c’est un endroit de passage, c’est un endroit de rencontre sinon ça se finit vite en club privé, à notre idée en tout cas et là, on a aussi la CAF, auprès de qui on a sollicité un agrément Espace de vie sociale, on vient de l’avoir et qui peut couvrir une partie de nos dépenses.

K> on a également le centre de ressources pour la non-violence qui nous prête des jeux coopératifs pour la ludothèque.

C> comme gros partenaire, voilà. Au niveau ponctuel, on peut faire d’autres choses. Avec l’OCL (office culturel de Langueux) par exemple, on collabore sur des scènes car on a aussi tout un volet culturel qui s’est développé. Il y a un stagiaire du CEAS qui est venu faire une exposition autour des Solitudes et il a croisé notre public et soulevé des questions et puis après, ponctuellement, on a des soirées à thème le vendredi et donc on a collaboré avec le groupe de la monnaie locale, avec les espérantistes, on a fait des ateliers vélos avec Vélo Utile, avec le club de vélos de Langueux aussi.

K> avec le défi Famille, on a aussi collaboré avec la maison de l’agriculture bio22, on a développé tout un programme et on est aussi un lieu où on reçoit les paniers de la binée paysanne.

Difficultés

C> Au niveau du lieu, on a des problèmes d’accessibilité sur le local, on ne peut faire accéder une personne en fauteuil roulant, c’est pareil pour les toilettes pour les personnes âgées, il faut monter ou descendre les escaliers qui sont assez raides.

K> et pour les poussettes.c’est compliqué aussi pour les tout petits.

C> il fait froid l’hiver aussi, etc. On espère pouvoir dégoter un lieu plus chaleureux et plus accessible. Après on commence aussi, on est parti un peu tout feu, tout flamme dans l’association et tout le monde pensait rêver le même projet et au final, ce n’est pas vrai, chacun rêve à sa façon, du coup, la fin de la première année était un peu tendu et chaotique dans l’équipe et donc on a agi. On a mis des modes de fonctionnement différents, on a arrêté de traiter en bureau des questions matérielles, on traite que le fonctionnement et l’esprit de ce qu’on veut faire, se mettre d’accord sur des points de vue, sur des positions communes, on se construit une culture commune, autour de la l’association et du coup, ça nous a beaucoup fédéré et tout ça, c’était pour parler de l’avenir 🙂 et du coup, on s’oriente sur un fonctionnement très décentralisé, c’est-à-dire que le bureau ne gère pas la soirée ceci, la sortie cela, la rencontre de untel et bidule, au final, on est là pour mettre de l’huile dans les rouages, pour essayer de financer ce qui peut être financé et essayer de trouver des solutions quand ça bugue, on essaie de développer surtout le travail des commissions où même des gens tout seuls ont une idée pour leur projet à développer du moment que ça rentre dans notre cadre, dans le cadre qu’on propose. En se disant que si on veut favoriser une initiative de chacun, ce n’est pas en partant d’un bureau qu’on mettra en place des choses, mais c’est important que chacun puisse dire « vas-y, fonce », ou « tiens je connais untel », « y a bidule qui pourrait peut être fonctionner avec toi », donner des ressources aux gens, les motiver, leur donner confiance, et puis qu’ils osent y aller au final.

Croisement avec d’autres mouvements ?

C> Certains d’entre nous en croisent, en tant qu’association, non on ne les croise pas, après certains d’entre nous, croisent les colibris, croisent nuit debout, croisent incroyables comestibles, l’équipe de la monnaie locale, croisent ceux qui veulent monter la quincaillerie associative, et à ce titre là, on fait des fois des choses de structure à structure mais on ne travaille pas ensemble mais dans l’avenir, il y a tout un réseau de gens aux idées similaires, de revenir à des choses simples, de se débrouiller par soi-même sans attendre que tout soit fait. On va dans le même sens, et je pense que sur Saint-Brieuc, des choses, sans se structurer, vont collaborer ensemble, l’année prochaine. Tout le monde va collaborer avec tout le monde.

K> une envie de récupération, un mouvement autour de la récupération, de l’art, de la récupération, l’année prochaine, envie de fabriquer, plus avec nos mains, en récupérant.

Puis les vendredis soir, c’est ouvert à toutes ces assos qui peuvent venir présenter leurs projets. Je pense que ces assos commencent à nous connaître aussi et c’est important aussi qu’ils puissent venir se présenter et donner envie aux gens du Kikafékoi de participer. De développer ses envies là.

Dernier mot

K> Finalement, le Kikafékoi, c’est ça, c’est qu’il y ait une envie, enfin un endroit où on peut se rencontrer d’une manière interculturelle, intergénérationnelle, et sur Langueux, il n’y a pas cet espace, il n’y a même pas un marché, Donc voilà, on a un besoin que tout le monde puisse se rencontrer dans un endroit où chacun peut proposer un projet et puis, fédérer.

C> Que les autres le fassent ! Si ça marche, si ça a marché, parce qu’on est certains à y croire et puis qu’on ne se pose pas trop trop de questions. C’est-à-dire que quand on veut faire quelque chose, on commence à faire et on trouve les solutions pour que ça aboutisse en cours de route, sur aucune des actions en fait, on n’attend pas que ce soit ficelé et que tout soit bien boutiqué avant de le faire.